Un œil dans le rétro - 2025
Ça y est, nous voici rendus à la fin de l’année 2025 ! Une année qui a été très riche en expériences techniques et humaines pour moi ; notamment suite à mon changement d’emploi : nouveaux collègues, nouvelles techniques de travail, nouveaux challenges. Mais surtout, 2025 à été pour moi l’occasion de réaliser de nombreux projets et envies qui traînaient dans ma tête depuis plusieurs années déjà. On va bien entendu parler de conférences, mais aussi d’enseignement, de mon boulot, de Clermont’ech (l’asso dans laquelle on me laisse sévir à mes heures perdues), et surtout, des beaux projets en tête pour 2026.
Habituellement, je rédige ce document chaque fin d’année pour moi-même ; une sorte d’état des lieux de sortie de l’année passée. Mais cette fois-ci, j’ai décidé qu’il était grand temps d’ouvrir mes pensées aux autres ; de parler de mes victoires, mais aussi de mes doutes, et de mes échecs. Car il est important de permettre aux gens encore en train de découvrir le milieu de l’IT que le monde ne ressemble pas à LinkedIn, et que derrière une victoire se cache souvent un paquet d’échecs. Si je rédige ce billet de blog en public, aujourd’hui, c’est notamment pour eux. Car, à une ère totalement connectée, où l’IA nous donne autant de raisons de rêver que d’avoir peur en l’avenir, il est important de pouvoir avoir du feedback honnête, et complet.
Point d’attention important avant de poursuivre la lecture : Ce billet de blog risque très probablement de partir un peu dans tout les sens : résumer une année, c’est toujours compliqué.
Seconde note importante : Je vais parler de plusieurs entreprises et/ou technologies dans ce talk. Aucune de ces entités ne sponsorise et/ou n’a relu ce billet de blog avant publication. Il n’y à donc aucune pub cachée, aucun corporatisme ou autre.
De BeYs à Zenika - Des peurs et des doutes
Après quasiment 6 ans de bons et loyaux services, j’ai pris la décision, en fin d’année 2024, de quitter BeYs, qui avait été jusque là ma seule expérience professionnelle dans le monde de la tech. Beaucoup de raisons ont justifié ce départ, mais la principale était le sentiment d’avoir fait le tour du sujet : des stacks que je maîtrisais pleinement, une séniorité bien acquise, et un rôle de quasi-tech lead (rôle que je n’ai jamais officiellement eu, et qui nourrit de nombreux regrets, mais passons).
Ma position à BeYs était pourtant très confortable (et je tiens à remercier par ailleurs toutes les personnes qui y ont travaillé avec moi, au premier titre Christophe qui a été mon manager/directeur pendant toutes ces années) : très bon salaire, confiance quasi-totale des équipes et du management, une équipe construite au fil du temps de gens avec qui j’ai une très forte affinité technique et humaine… Bref, partir était un choix extrêmement dur.
Mais, paradoxalement, tout ce contexte (stack technique choisie et maîtrisée, confiance absolue, équipe créée en grande partie par mes soins) à fait naître en moi une question existentielle majeure : Suis-je encore bon pour faire autre chose ? Au final, ne suis-je pas juste bon dans ce que je fais uniquement car je n’ai jamais rien fait d’autre ?
Cette question, elle m’a tiraillée durant une grande partie de l’année 2025.
Il faut dire que mes premiers mois chez Zenika n’ont pas été des plus rassurant (techniquement parlant), car avec la frilosité des DSI, le début d’année (et donc de contrat) a été très chargée… en inter-contrat. Pour une personne venant d’un monde radicalement opposé à celui de l’ESN, ça a été un choc. Au départ, l’inter-contrat c’est assez agréable (surtout quand on sort d’un tunnel technologique de 6 ans) : on fait à nouveau de la veille technique, on se forme, on découvre des technologies, des méthodes, des concepts. Grâce à l’approche très saine de Zenika sur le sujet de l' inter-contrat, on participe à des projets interne, on rencontre les autres collègues des autres agences, on passe des certifications… Mais au bout d’un mois, on commence à se poser la question qui vous tabasse le moral : “Pourquoi on arrive pas à me staffer ?”. Et, quand vous avez comme moi un syndrome de l’imposteur déjà bien installé, avec en supplément le contexte évoqué précédemment, cette question là, elle fait extrêmement mal. Bien entendu, tout le monde chez Zenika tentait de me rassurer (et je les en remercie énormément pour ça), et les retours sur les sujets interne que je traitais étaient bon. Mais il y a un gap entre faire de l’interne et savoir travailler avec un client.
Heureusement pour moi et ma santé mentale, les clients ont fini par arriver. Et, comme prévu, j’ai été propulsé sur des missions avec des aspects techniques et humains radicalement différent (une exigence que j’avais en rejoignant Zenika, et qui a été parfaitement remplie, merci énormément à -entre autre- Olivier et Mladen pour y avoir veillé) : du simulateur en réalité augmentée pour un géant de l’électricité ; jusqu’à déployer un Kubernetes pour un gros assureur mutualiste, en passant par de la transformation organisationnelle, de la formation et des audits de performance… Bref, l’année avait mal débutée, mais on s’est bien rattrapés sur la suite.
Et ces missions ont été une bouffée d’air pour moi : rencontrer de nouvelles personnes, de nouvelles méthodes de travail, des contextes techniques et réglementaires radicalement différents… Bref, cette année 2025 m’a permis de repousser mes limites et me rassurer sur le fait que oui, je suis capable de m’adapter et de changer de contexte rapidement.
Par ailleurs, j’ai découvert une nouvelle mentalité de travail au sein de Zenika : passer d’une entreprise de 20 employés à +400, c’est également découvrir de nouvelles choses : une entreprise qui ne dort jamais complètement, des communautés de pratique, des événements internes… En bref, une réalité très éloignée de ma vision d’avant sur ce qu’est une ESN ; vision qui était, vous vous en doutez, profondément négative. J’ai cependant bien conscience que Zenika n’est pas une ESN “comme une autre”, de par son positionnement sur le marché. Mais cela m’a permis de me réconcilier avec le concept d’ESN, et c’était une tâche qui était loin d’être gagnée.
Changer de milieu, c’est aussi rencontrer de nouveaux collègues, et je dois avouer que j’ai une chance monumentale. La liste est trop longue pour citer tout le monde, mais un merci tout particulier à toute la team Clermontoise (❤️) et aux Lyonnais(es) avec qui j’ai pu parler cette année. Le DevFest Lyon était un particulièrement bon moment, avec énormément de Z sur place, et c’était vraiment cool d’enfin passer du temps avec ces gens que je vois si peu souvent.
Mes premiers pas en tant que Speaker (en track nationale) - Joie, excitation (et syndrôme de l’imposteur)
Au quotidien, j’adore partager et découvrir des connaissances. Je pense même que le terme de “Partage” est la première valeur qui me vient en tête quand on parle d’informatique. Si le fait d’avoir la certitude de ne jamais réussir à tout connaître peut déprimer des gens, moi, elle me fait encore plus aimer mon milieu : j’apprendrai durant toute ma carrière, et ce peu importe de comment elle évoluera. Et quoi de mieux pour apprendre que de découvrir et d’apprendre avec des gens prêt(e)s à partager leur(s) passion(s) ?
C’est pour cela que j’ai toujours aimé aller en conférence, tant sur la scène locale que nationale. Je garde un souvenir tout particulier de mon premier Clermont’ech, de mon premier LavaJUG, de mon premier Volcamp (en présentiel)… Et bien sûr, l’envie d’y parler était présente depuis longtemps.
J’avais déjà fait quelques tentatives à Clermont’ech, en 2019 et 2020. Des talks qui ont forcément plutôt mal vieilli d’un point de vue technique, mais qui sont drôles pour moi à regarder désormais : on m’y voit tout stressé, la boule au ventre, mais heureux d’être là. Cependant, les années ont passées, le boulot et mes prérogatives personnelles ont pris le dessus, et j’ai arrêté de speaker. J’étais redevenu un auditeur silencieux, heureux d’apprendre, mais frustré de ne plus partager. Alors, pour 2025, je me suis fixé l’objectif de changer ça.
Bien entendu, la première étape a été le retour du blog. L’ancien était à l’abandon depuis des années ; j’ai donc pris la décision de repartir “from scratch”. La deuxième volonté a été de redonner des conférences, et ce coup-ci de me frotter à un autre challenge : les scènes nationales.
Grâce à gouz (qui est aussi un Z Clermontois, et également un speaker que j’admire depuis très longtemps), j’ai aussi surmonté l' appréhension de proposer et de speaker sur des conférences nationales. D’abord DevQuest, puis Volcamp, le DevFest Lyon… Et déjà, pour l’année prochaine, SnowCamp et Touraine Tech. Sans lui, très clairement, rien de tout cela ne serait arrivé, donc un grand merci à lui pour m’avoir mis des coups de pied au cul pour m’inciter à soumettre aux CfP. Bien entendu, j’ai aussi eu l’occasion de retourner speaker à Clermont’ech et au LavaJUG, là où j’ai découvert le monde des confs. Une belle boucle bouclée, mais j’espère pouvoir en faire plusieurs fois le tour 😁.
Également, un énorme merci aux organisateurs et organisatrices des conférences où j’ai eu le plaisir de speaker. C’est un travail phénoménal d' organiser de tels événements, et une vraie marque de confiance de me permettre d’y participer en tant que speaker. Un énorme merci également aux autres speakers et speakeuses pour leur investissement et aussi pour les superbes échanges qu’on à pu avoir. Merci aussi à mes deux MC de cette année (Nastasia et Matthieu) pour leur énergie avant de monter sur scène. Et enfin, merci à toutes les personnes qui se sont dit “tiens, si j’allais perdre 20/40min avec ce type là”, et pour les échanges et les feedbacks que j’ai pu avoir. ❤️
Cependant, donner des talks, c’était un énorme défi : les gens ne le savent pas, mais je suis un grand timide de base ; car je masque beaucoup mon appréhension et mon stress. Les interactions sociales ont longtemps été compliquées pour moi (et pour être parfaitement honnête, je continue à ne pas toujours les comprendre). Monter sur scène devant 70, 80, 100 personnes, c’était donc un énorme challenge pour moi. En plus, le syndrome de l’imposteur frappe à la porte : “qui est-tu pour te sentir légitime à aller parler d’un sujet à d’autres personnes, plus expérimentées que toi ?”. D’ailleurs, c’est pour ça que pour moi, les cours magistraux et les talks sont radicalement différents : à l’université, ma position est celle du sachant qui donne des conseils à des futurs juniors, alors qu’en conférence, je suis en général plus jeune (et donc moins expérimenté) que les gens qui viennent m’écouter (note : ça ne veut pas dire que je n’ai aucun syndrome de l’imposteur à la fac).
Ce syndrome de l’imposteur a été particulièrement tenace (et je l’ai toujours un peu, dans mes moments de doute), mais j’ai réussi petit à petit à m' en défaire, grâce à beaucoup de préparation, des conseils, et aussi à la TZ (un événement type “conférence” interne à Zenika), qui m’a permis de me préparer et de mieux appréhender cet exercice. DevQuest était malgré tout un moment difficile (uniquement car c’était ma première) ; mais Volcamp et DevFest Lyon se sont extrêmement bien passés dans ma tête. J’étais content d’être là, mais je ne sentais plus l’angoisse m’envahir.
Je suis également très heureux d’avoir pu speaker sans avoir à tordre mes sujets, ni ma manière de m’exprimer et de réaliser mes slides. J’ai quand même réussi à amener à Volcamp une table de train de 70cm de large avec un volcan en plâtre… Et j’en suis très fier. 😁
Je tiens également à remercier ma conjointe (Justine) : elle a toujours été là, que ce soit pour m’écouter (de nombreuses fois), me faire des feedbacks, m’encourager (et souvent pour m’accompagner dans la réalisation des sujets que je présente) ; mais aussi pour tout simplement avoir compris et accepté le fait que j’allais m’absenter pour le fun d’aller speaker en conférence. C’est clairement LA personne dans l’ombre qui rend tout cela possible, et je lui en suis profondément et éternellement reconnaissant. Mais ça, on va aussi en reparler un peu plus tard. 😁
Clermont’ech, mon point de constance
J’ai rejoint le bureau de Clermont’ech en… 2019. Pour les gens qui ne connaissent pas, c’est est une association Clermontoise qui organise, toutes les 6 à 8 semaines (approximativement) une heure de conférences de 15/30 min, avec des speakers/speakeuses locaux. L’occasion de mettre le pied à l' étrier de personnes qui n’ont jamais essayé de speaker, et surtout, de partager un bon moment entre passionné(e)s de technologies.
Et depuis 2019, mon investissement dans l’association a été très variable : j’ai alterné les périodes où j’étais très impliqué sur le projet, et d’autres où j’étais totalement absent pendant 6 mois. Cette année, j’ai enfin réussi à trouver une constance dans mon implication et mon investissement au sein de l’association, chose dont je suis très heureux car j’adore passer du temps à organiser ce genre d’événements. Par ailleurs, Clermont’ech est, au final, la seule chose qui n’a pas bougé dans ma vie “tech”, et j’en suis ravi !
Sur 2025, c’est 6 événements (APIHours) organisés, avec 17 speakers différents, dont 8 personnes qui n’avaient speaké dans l’asso avant ! L’occasion également de lancer un énorme merci à Pierre, Claude et Justine, mes compères dans l’association sans qui rien ne se ferait.
Par ailleurs, deux PSA :
- Si vous voulez vous lancer en tant que speaker/speakeuse, contactez-nous ! On cherche toujours des gens pour venir parler, et on a un programme de mentorat pour vous accompagner !
- Si vous êtes une entreprise et que vous lisez ceci (???), ET que vous souhaitez sponsoriser une petite asso locale, qui fonctionne uniquement par des bénévoles, contactez-nous aussi !
L’enseignement à l’heure de l’Intelligence Artificielle
Je donne des cours à la fac depuis 2020 ; ce qui signifie que ça y est, j’ai passé plus de temps sur le campus en tant que prof qu’en tant qu’élève. Et depuis deux ans, bien entendu, tout le monde utilise de l’IA. Mes élèves en sont de gros utilisateurs, et, forcément, la question se pose : comment continuer à évaluer l’élève et pas l’IA, et surtout, comment faire pour que l’élève apprenne réellement ?
Dans mes classes, j’ai constaté 3 typologies d’élèves :
- Celles et ceux qui ne veulent pas entendre parler d’IA : “c’est de la merde”, pour paraphraser. Ils sont très réfractaire à cette technologie ; l’utilisent ponctuellement mais ne lui font aucune confiance. Ils sont très minoritaires (moins de 10%).
- Celles et ceux qui font TOUT avec l’IA (même s’ils ne l’avouent pas) : l’IA code pour eux, débug (ou du moins tente) pour eux, leur explique le cours, le code, etc. Ils sont nombreux (70% approximativement).
- Et enfin, les 20% restant, qui font avec l’IA, mais avec un grand recul critique vis à vis de la technologie : ils vont davantage se servir de l’IA pour les aider ponctuellement sur une tâche, sans pour autant copier/coller ce que le LLM va leur retourner. Ils s’en servent au final comme d’un canard en plastique très amélioré, pour valider des hypothèses, obtenir un détail spécifique, etc.
Dans tout ces cas d’usage, je remarque cependant une constante : personne ne sait le fonctionnement réel d’un LLM derrière : la logique derrière un réseau de neurone, l’approche probabilistique sur laquelle est basée la technologie, etc. Pour les étudiants qui font tout avec l’IA, ceux-ci sont persuadés d’avoir un outil presque “magique”, capable de tout faire et de tout inventer ; alors que, par définition, l’IA ne fait que répéter et reformuler des choses qu’elle a déjà vu auparavant.
Face à des étudiants qui ne faisaient que prompter en séances de TP, j’ai décidé de prendre le temps, en cours, d’expliquer le comportement d’un LLM, de ses bons usages, et de ses mauvais usages ; son fonctionnement théorique et les limites de ce modèle. L’impact a été perceptible, puisque les élèves réfractaires ont commencé à laisser une chance à la technologie, tout en ayant fait sortir des “all-IA” de leur manière de travailler pour reprendre un esprit critique.
Car, même si c’est une technologie qui fait peur (notamment à cause des changements sociétaux qu’elle risque d’apporter), ce n’est pas une technologie fondamentalement mauvaise (tout comme la blockchain, qui est une technologie également très incomprise). C’est même, au contraire, une technologie dont l’usage, s’il est bien réalisé, est une incroyable source d’inspiration et d’accélération. Mais cela ne peut pas se faire sans un esprit et un regard critique sur la production d’une IA ; et ce regard critique ne peut s’obtenir qu’en ayant déjà les compétences et les connaissances techniques. C’est d’ailleurs pour cela que l’IA profite surtout aux seniors : l’IA à besoin d’un prompt clair et bien défini pour produire ce qu’on lui demande. Au final, on peut quasiment faire un parallèle entre utiliser une IA et le fait d’enseigner : pour pouvoir enseigner une matière, il faut avoir une très bonne connaissance du sujet, afin d’être capable de vulgariser et de répondre aux questions. Pour utiliser une IA, c’est au final la même chose : vous devez la guider vers ce que vous souhaitez, et pour cela, vous devez déjà en avoir une idée très claire. Un point de vue que je partage visiblement avec Horacio “LostInBrittany” Gonzalez, avec qui j’ai eu l’occasion de parler à plusieurs reprises durant l’année, et qui a sorti une longue série de billets de blog sur le sujet (ils sont tous captivants, n’hésitez pas à y jeter un œil).
Et le plaisir d’enseigner, dans tout ça ? Je dirai qu’il est différent. L’effet le plus notable, c’est qu’on a l’impression que les élèves sont moins en possession des connaissances qu’avant ; car ils en délèguent une grosse partie à l’IA. C’est assez triste, car l’impression qu’on a en retour, côté enseignant, c’est que les cours ne comptent plus : l’IA leur répondra (à côté de la plaque). Les élèves sont également moins demandeurs : ils demandent à l’IA, puis seulement après au chargé de TP. C’est un véritable problème, surtout quand on est face à des étudiants qui essayent avec l’IA pendant 2 mois, avant de commencer à poser des questions… 7j avant le rendu.
Mais tout n’est pas noir : les élèves sont de plus en plus conscients des capacités et des limitations réelles de tels outils ; et j’ai bon espoir que, avec de la pédagogie, on arrive de plus en plus à des élèves “IA-native”, sachant quand et comment utiliser (et surtout, ne pas utiliser) une IA. L’expérimentation de cette année m’a permis de voir que c’était possible de refaire se questionner les élèves sur leur rapport à l’IA, alors pourquoi abandonner ?
Mes meilleurs talks de 2025
Comme j’ai été en conf, j’ai forcément préparé un petit florilège des talks qui m’ont le plus marqué en 2025 ! Bien entendu, la liste est :
- non-exhaustive : J’ai regardé un paquet de conférences cette année, donc j’ai pu en zapper
- non-exclusive : Les conférences ont plusieurs tracks, mais je n’existe qu’une fois, donc je n’ai pas pu tout voir
- non-triée : J’ai listé au fur et à mesure que ça me venait en tête, ce n’est donc pas un “top” ordonné. J’ai groupé par conférence car j’ai relu les programmes pour récupérer les noms et les liens.
Maintenant que le disclaimer est passé, la liste !
- Les coulisses de JavaScript : ce qu’on utilise sans comprendre (Mickael Alves, Etienne Idoux)
- Un talk incroyable, qui nous fait entrer de manière visuelle dans l’ordonnanceur JavaScript. Un sujet complexe mais traité avec une pédagogie et des supports visuels absolument démentiels. Une vraie pépite comme on en voit rarement.
- Un pixel, puis un autre : Comment faire tourner DOOM sur une liseuse électronique (Moustapha Agack)
- DOOM c’est mythique, et le r/itrunsdoom l’est tout autant. Alors forcément, quand on nous propose de découvrir comme faire tourner DOOM sur une Kindle de première génération, ça donne envie ! Un super talk, où on parle également de gestion des couleurs, des aberrations chromatiques lors du passage au noir et blanc… Et qui donne envie d’aller hacker des trucs.
- Je malmène ton LLM en direct avec 10 failles de sécurité (Gaëtan Eleouet)
- Un talk avec beaucoup d’humour et de pédagogie sur le fonctionnement des LLM et les risque de bypass de contexte et des solutions potentielles pour les éviter. Une très belle immersion dans les capacités et limites de ces outils, mené par un excellent orateur.
- Comment merger sa PR en 10 secondes : REX Mob Code Review (Thibaut Cantet)
- On à tous entendu parler de pair et mob programming au moins une fois dans sa vie ; et faire du pair-programming, c’est assez fréquent. Par contre, du mob programming, c’est bien plus rare ! Pour être tout à fait honnête, je n’avais jamais vu cette pratique “en prod”, à l’échelle d' une équipe, avant ce talk. Un superbe RETEX humain qui donne envie d’essayer malgré le préjugé du “ça va être un bordel monstre si on fait ça”.
- Démêler des problèmes de provenances de données à l’aide de graphs (Nastasia Fouret)
- Je ne vais pas vous mentir, je ne suis pas un grand fan des univers graphe et BigData. Et c’est pour ça que j’aime aller voir ce genre de talk : me donner envie de m’y intéresser quand même ! Nastasia revient sur l’utilité des graphs dans le cadre de la réunification et du recoupement de données, notamment lorsque les données sont dissonantes entre plusieurs sources. Un très bel exemple d’un usage concret et réel de ce genre d' outils.
- Another World, une belle leçon d’architecture logicielle (Olivier Poncet)
- Bon, déjà, c’est un talk d’Olivier Poncet, donc, dès le départ, un bon moment qui s’annonce (je vous parlait des speakers qui m’impressionnent et m’inspirent tout à l’heure, Olivier en fait clairement partie). Ce talk, c’est une plongée dans les entrailles d’Another World, un jeu mythique des années 90, et surtout une démonstration d’une pépite architecturale. Olivier nous plonge dans cet univers et c’est 40 minutes de pur bonheur.
- Makers de Père en Fils (Sylvain & Matthias Gougouzian)
- Ce talk est particulier car premièrement, c’est mon gouz aux manettes, le même qui m’a poussé à donner des talks. Secondement, ça touche à une corde sensible chez moi, la transmission et le partage, car c’est une valeur forte chez moi, d’autant plus cette année avec mon projet Trainberry, où j’ai partagé ma passion avec mon grand-père. Voir Sylvain et Matthias sur scène, ensemble, présenter leur petit projet, c’est fort et c’est une très belle preuve que l’informatique, c’est accessible à tout âge, tant qu’on est bien accompagné. Un talk qui parle aussi de doutes, d’humain, de communication… Un vrai talk “off-track” comme on en voit rarement. <3
- SSE Chronicles - Quand ton appli chuchote à ton navigateur (Madz)
- Dans mes rares tentatives de faire du front avec des notifications envoyées par le serveur, j’ai souvent utilisé (et détesté) les Websockets. Avec une démo temps réel qui fait appel au public (démo + public, grand fou va !), Madz nous montre le fonctionnement en détail des Server-Sent Events. Technologie qui m’a servie 15j après sur Trainberry, donc merci Madz, tu m’a retiré une belle épine du pied !
- La révolution WebGPU : toute la puissance du GPU, sur le web, et en dehors (Julien Sulpis)
- Un talk impressionnant et magistral mené par Julien, qui nous emmène dans l’histoire du rendu 3D dans le navigateur ; d’abord avec WebGL et ses limitations, puis avec WebGPU. Un talk très beau visuellement, et clair sur les explications techniques. Typiquement le genre de présentations qui me réconcilient petit à petit avec le monde du front web…
- Développer un opérateur Kubernetes en Java, challenge accepted ! (Stéphane Philippart)
- Quand on pense au code source de Kubernetes, on pense immédiatement à “performance” : c’est écrit en Go, c’est conçu pour échouer, c’est capable de survivre à un tir de lance-roquette à bout portant… Bref, un peu tout le contraire de Java (#trollInside). Mais Stéphane a décidé de n’en faire qu’à sa tête, et de montrer que, oui, on peut créer un opérateur Kube en Java. Et oui, il peut être performant. Un talk qui rappelle bien qu’un outil doit avant tout répondre à un besoin plutôt que de répondre à la hype du moment.
- Redécouvrir PHP : pratiques modernes au-delà de l’héritage (Horacio Gonzalez)
- J’ai commencé l’informatique à travers PHP. C’était en PHP 5.1, à modifier des forums PHPBB2 hébergés sur Xooit (et oui, ça existe encore, j’ai été vérifié pour les besoins de cet article !). Puis, j’ai découvert l’orienté objet avec Java, et je n’ai plus touché à PHP. Pour moi, PHP, c’est un langage vieillot, pas performant, et un nid à code mal foutu, mal optimisé et troué par des milliers de failles. Horacio vient détruire ces préjugés, avec un très bon tour d’horizon de PHP 8, et surtout de la communauté qui fait vivre le langage et ses best-practices. Un vrai modèle coopératif, avec une gouvernance réellement ouverte.
- Maman, j’ai recodé Minecraft en Python (Gwendoline Fichant)
- Je vous parlais juste au dessus de Java, qui m’a fait quitter PHP… Et bien, Java, j’ai commencé pour modder du Minecraft ! Le talk de Gwen est excellentissime, et nous permet de rentrer en détails dans le fonctionnement d’un moteur de rendu d’un jeu vidéo : optimisations, gestion de l’éclairage, des interactions utilisateurs, etc… Une conférence et démonstration bluffante techniquement, le tout raconté avec énormément de pédagogie. D’ailleurs, Gwen, si tu lis ce billet : présente ce talk en conf nationale. Vraiment. Il est top.
Et pour 2026 ?
2026 s’annonce plus “calme” que 2025 : j’ai retrouvé un équilibre pro/perso, qui me permet de m’investir et de m’impliquer à nouveau dans les causes qui me tiennent à cœur, en premier lieu l’éducation et le partage.
Mais il n’est pas question de s’arrêter là. J’alimente l’espoir de pouvoir continuer à faire davantage de conférences - pour l’instant, ça part plutôt bien, puisque SnowCamp, Touraine Tech et… FOSDEM (oui oui) sont déjà au programme. J’ai également envie de tenter l’expérience des talks en tandem. Ma conjointe me rejoindra sur scène à Touraine Tech pour le talk de Trainberry ; et un projet top-secret est en cours avec Gouz… Stay tuned. 😉
Depuis quelques temps déjà, tourne au fond de ma tête des idées autour du monde de l’audio/vidéo (et de la tech bien entendu). Je ne sais pas si j’aurai le temps en 2026 d’enfin lancer ce projet, mais si c’est possible, on se lancera, et on verra bien !
2025 était une bonne année. Éprouvante, fatigante, emplie de question, mais résolument positive. J’ai redécouvert le plaisir de faire de la tech, de partager, d’innover, et d’apprendre. J’ai (re-)rencontré des personnes formidables, qui me font grandir au quotidien, et ça, ça n’a pas de prix. Alors, qu’on se soit parlé tout au long de l’année, ou cinq minutes au détour d’un stand en conférence : merci. ❤️